Le Culte Raisonnable – Romains 12:1

Que cela signifie-t-il d’adorer Dieu?

Qu’est-ce que la vraie adoration ?

Est-c e que c’est d’avoir des frissons dans les dos lorsque l’on chante des cantiques ?

Est-ce que c’est de louer Dieu comme le font les certains anges dans le ciel, sans rien faire d’autre ?

Qu’est-ce qui vient à l’esprit lorsque l’on parle d’adoration ?

Adorer dans le dictionnaire français signifie de « rendre un culte à une divinité. »

Imaginez-vous 2900 ans plus tôt avec le roi Salomon. Vous êtes un juif zélé, et vous voulez rendre un culte à Yahvé. Que cela implique-t-il ?

Premièrement, il faut se consacrer. Il faut embraser pleinement le système en place, accepter de payer entre 20-30% de son salaire pour soutenir les sacrificateurs et les Lévites et le gouvernement institué par Dieu, être prêt à se rendre au minimum 3 fois par an au sanctuaire pour les fêtes nationales, d’abord situé à Silo puis ensuite à Jérusalem, se soumettre à la Torah, la loi de Dieu, et entrer dans le système complexe des sacrifices où il faut être pur selon le code des exigences divines.

Pour pouvoir adorer Dieu, dans l’Ancien Testament, il faut se soumettre au calendrier religieux du pays, où chaque tournant attire les regards vers Dieu. Il faut se soumettre à la révélation de Dieu, dont chaque trait attire les regards vers Dieu. Il faut se consacrer pleinement et être prêt à vivre par la foi, donnant à Dieu généreusement, étant prêt à acheter les animaux nécessaires aux sacrifices lorsque l’on pèche où que l’on est impur.

Adorer Dieu, dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau implique beaucoup plus que de proclamer la gloire de Dieu au travers de chants. En fait, le mot principal utilisé en Hébreu pour l’adoration est un mot qui signifie d’adorer, et aussi de se prosterner la tête contre le sol. Et lorsque Jésus affirme que l’heure vient où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, c’est un mot Grec avec la même signification qu’Il utilise, un mot signifiant de se prosterner, et de rendre hommage dans l’obéissance.

En fait, on pourrait regrouper les mots utilisés dans la Bible pour l’adoration en quatre catégories. (1) Celle de position, de se prosterner, de fléchir le genou (2) celle de la proclamation, de louer, chanter, célébrer (3) celle du service, de servir Dieu, de remplir un ministère, comme le faisait les sacrificateurs (4) et finalement celle de l’attitude, de la crainte et de la réjouissance.

Alors bien sûr, les cultes d’adoration de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament sont bien différents. Et c’est ce qu’on voit dans l’usage des verbes ayant un rapport avec l’adoration. Lorsque l’on arrive au Nouveau Testament, le vocabulaire s’affiliant aux rituels disparait pour faire place à un vocabulaire accentuant la consécration personnelle. Le système complexe de l’Ancien Testament se dissout pour faire place à ce qui se cachait derrière le voile et les ombres de l’ancienne alliance : la personne de Jésus Christ.

Et il n’y a aucun doute, l’adoration pour les fidèles de la nouvelle alliance est centrée sur une personne, Jésus Christ, et sur une consécration pour faire Sa volonté.

Comment un croyant du Nouveau Testament peut-il offrir à Dieu un culte d’adoration approprié ?

Je vous invite à tourner dans vos Bibles en Romains 12 :1.

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. »

Nous allons diviser l’étude de ce verset en trois parties. Premièrement nous allons regarder à l’appel à l’adoration. Deuxièmement nous allons regarder au moyen de l’adoration, c’est-à-dire ce qui nous permet de l’accomplir. Finalement, nous regarderons à l’application de l’adoration pour le croyant.

I. L’Appel à l’Adoration

Alors premièrement, nous allons regarder à l’appel à l’adoration. Paul écrit en Romains 12 :1, je vous exhorte donc. Vous savez, quand on lit la Bible et qu’on croise un « donc » il faut toujours se poser la question, mais d’où cela vient donc ? Un donc reflète une conséquence, et cette adoration est aussi la conséquence du raisonnement de Paul dans cette épitre aux Romains.

Quelle fut la raison pour laquelle Paul écrivit sa lettre ? Je vous invite à lire Romains 1 :1-4,

« Paul, serviteur [doulos, esclave] de Jésus Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu, – qui avait été promis auparavant de la part de Dieu par ses prophètes dans les saintes Écritures,  et qui concerne son Fils (né de la postérité de David, selon la chair, et déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts), Jésus Christ notre Seigneur. »

L’épitre aux Romains est l’une des plus belles présentations de l’Evangile de Jésus Christ. Et c’est cet évangile que Paul décrit des chapitres 1-11, celui qui est offert par la justification par la foi. Il commence par donner le verdict : tous sont coupables, puis explique comment Dieu justifie les pécheurs et quelles sont les belles promesses qui sont attachées à ce salut. Et puis on arrive au chapitre 9-11, où Paul explique le salut de Dieu par rapport à la situation d’Israël. En effet, il serait normal pour les juifs ne se poser la question, « Si Dieu est si bon et son salut si merveilleux, pourquoi abandonne-t-il son peuple ? » Et Paul répond à cette question en affirmant que l’histoire d’Israël n’est pas finie, mais que la période historique présente est une sorte de parenthèse jusqu’à ce que tout Israël soit sauvé.

Les chapitres 1-11 traitent de doctrine. Pour Paul, cela était primordial. Avant de parler de choses pratiques, il voulait que ses lecteurs aient une base solide. Et puis on arrive au chapitre 12, où Paul commence à parler des choses pratiques.

Ainsi, lorsque Paul utilise le mot « donc » il implique que ce culte raisonnable dont il parle dans ce premier verset est une réponse, c’est une réponse à quoi ? A l’évangile de Jésus Christ. Notre adoration est une réponse à l’évangile de Christ. C’est une réponse dans le sens que sans son salut nous ne pouvons adorer en « esprit et en vérité » mais aussi dans le sens que notre adoration doit être centrée sur l’évangile et centrée sur la personne de Jésus.

Et d’ailleurs, qu’est-ce que l’évangile ?

L’évangile, du Grec signifiant « bonne nouvelle, » si je demandais à la plupart des chrétiens mûrs de me l’expliquer, ils me diraient le message biblique selon lequel Jésus est venu sur la terre pour mourir pour les péchés du monde, en scellant Sa victoire par Sa résurrection, et donnant son salut à ceux qui l’accepteraient dans la repentance.

Cette explication, il n’y a pas de doute, est bonne, mais j’aimerai regarder à quelque chose ensembles. Tournons dans nos Bibles en Marc 1 :14-15

« Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée, prêchant l’Évangile de Dieu. Il disait: Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle [evangelio]. »

Alors la question que j’aimerai vous poser est celle-ci : comment Jésus pouvait-il prêcher un évangile n’ayant ni à faire à sa mort, ni à sa résurrection ?

Et la réponse à cette question est celle-ci : l’évangile que Jésus prêchait était celui du Royaume de Dieu. Et qui dit Royaume dit Roi. L’évangile de Jésus était que le Roi était présent, et qu’il offrait ce royaume à ceux qui voudraient le suivre.

Et c’est cela la bonne nouvelle, non seulement que nous pouvons être pardonnés de nos péchés, mais que nous puissions réellement être réconciliés avec Dieu pour avoir une relation personnelle et profonde avec Lui, dans sa présence et dans son intimité.

Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné…le pardon des péchés ? Cela vient ensuite. Le don le plus merveilleux est que Dieu nous donna Jésus Christ, son Fils unique.

C’est ce que disait Jésus en Jean 17 :3, que la vie éternelle c’est de connaitre Dieu, et celui qu’Il a envoyé, Jésus Christ. Paul courait pour connaitre Christ. On voit cela en Philippiens 3.

En Hébreu nous lisons que les pratiques du culte de l’ancienne alliance n’étaient qu’une ombre des choses à venir. Mais toutes ces ombres ont été éclaircies par la présence et le sacrifice de Jésus Christ. L’évangile, c’est Jésus. La bonne nouvelle, c’est Jésus. Notre adoration doit être dirigée et centrée sur la personne de Jésus Christ. L’appel à l’adoration pour le croyant du Nouveau Testament est celui qui vient en provenance de l’évangile. Et cet évangile, c’est la personne de Jésus Christ.

Est-ce que nous aimons Jésus-Christ ?

Lorsque nous vivons notre chrétienté, quelles sont nos motivations principales ? Cherchons-nous à faire le minimum simplement pour garder une bonne conscience ? Avons-nous une liste de choses à faire ayant rapport avec la piété, à laquelle qu’il nous suffit de cocher les cases principales pour avoir bonne image ? Ou sommes-nous consumés par un amour pour la personne de Christ qui nous pousse à le poursuivre, à Lui courir après, à Lui donner accès à chaque centimètre carré de notre vie ?

Cette adoration, Paul la vivait de manière très personnelle. Et cela se voit aussi dans la manière avec laquelle il communique son message. Lorsqu’il écrit « je vous exhorte, » il utilise un mot qui pourrait aussi être traduit par « je vous implore, » « je vous conjure, » « je vous prie. » Et il s’adresse à ses « frères. »

Mon frère, ma sœur, je vous en supplie, venez offrir un culte d’adoration à notre Dieu ! C’est la conséquence logique de l’amour de Dieu manifesté par son évangile ! Il nous a prédestinés à être à l’image de son Fils, il nous a appelés, il nous a justifiés, il nous a glorifiés !  On voit cela en Romains 8 :29-30.

Si Dieu a fait tout cela pour nous, ne devrions pas démontrer une réponse digne d’un si grand Dieu ? Le salut est un appel à l’adoration. Une fois que nous sommes sauvés, nous nous devons d’être des adorateurs fidèles de notre Dieu.

Mais pour répondre à l’appel à l’adoration, il faut avoir les oreilles ouvertes. L’évangile nous incite à adorer. Mais cet évangile ne peut être accepté que par la foi. Et cela était déjà l’argument de Paul tout au long de son épitre. C’est par la foi que nous sommes acceptés devant Dieu. La foi c’est comme un muscle, et plus celle-ci est entrainée, plus elle est étirée et utilisée, plus elle se développe, et plus nous devenons sensibles à ce que cela veut réellement dire de vivre de l’évangile de Dieu, et plus nous adorons Dieu. L’adoration est le fruit d’une foi qui travaille, qui reconnait Dieu, Son œuvre, Sa volonté, et désire y répondre.

II. Le Moyen de L’Adoration

Alors premièrement nous avons vu que l’adoration est une réponse à l’évangile de Jésus Christ. Maintenant, regardons le moyen par lequel cette réponse est mise à l’œuvre.

« Je vous exhorte donc, frères…comment ? par quel moyen ? … par les compassions de Dieu. »

Le moyen par lequel nous pouvons adorer Dieu n’est autre que par la compassion de Dieu, par la grâce de Dieu. Le mot utilisé ici signifie en réalité d’avoir pitié, de démontrer de la miséricorde.

Je me souviendrai toujours de la première fois où l’on parla de ce verset en classe d’école du Dimanche. J’avais environ 10 ans.

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. »

J’y ai réfléchit une seconde puis ai conclut : « Non ! C’est impossible ! M’offrir en entier pour le service de Dieu, je ne peux pas faire ça. C’est impossible, c’est trop difficile. »

S’offrir comme sacrifice à Dieu, je me suis dit, jamais je n’aurai la volonté ni le pouvoir de faire cela !

Mais la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas à nous de créer cette force, cette énergie, nous permettant d’adorer Dieu comme Il le souhaite, en nous offrant entièrement à Sa volonté.

Imaginez-vous encore une fois il y a plus de 3000 ans du temps de prophète Samuel. Et voilà que la Pacques arrive, et vous allez en famille jusqu’à Silo où se situe le Tabernacle. Cette première soirée là il y a une grande célébration avec des chantres et le prophète Samuel lui-même va prêcher. Mais voilà qu’en chemin votre fils trouve une petite chauve-souris morte sur le côté de la route et vous l’emmène. Par curiosité vous la toucher, et sans le savoir vous êtes devenus impurs jusqu’au soir, incapables ainsi d’entrer au sanctuaire pour la fête. Et non seulement la famille ne pourra pas aller à la fête ensemble, mais vous allez aussi devoir offrir un sacrifice de culpabilité, sacrifiant une brebis ou une chèvre.

Et vous commencer à réfléchir…hum…il n’y a personne qui m’a vu. J’ai simplement touché une chauve-souris par accident. Ce n’est pas comme si j’avais mangé un saucisson en pure rébellion, ce n’est pas si grave que cela. Et puis, je fais cela pour la famille, c’est une seule fois par année, on a fait tout le voyage, le prophète Samuel va prêcher…et puis on rationalise, on trouve des excuses. Et puis de toute façon, je n’ai pas vraiment les moyens ni le temps d’aller me procurer une brebis pour ce sacrifice. Bon c’est vrai que j’ai une bonne situation, mais les gens ici ne le savent pas, peut-être que je peux offrir des tourterelles à la place comme le font les gens pauvres…

Depuis le début, l’adoration envers Dieu s’est effectuée par un mélange de deux ingrédients : la foi et la grâce. D’un côté la foi pour accepter l’autorité de la Parole de Dieu peu importe les circonstances, et deuxièmement la grâce de Dieu permettant à chacun d’accomplir Sa volonté avec joie.

La grâce de Dieu, c’est ce qui permet à l’homme d’accomplir ce qui lui est impossible d’accomplir avec sa nature égoïste. C’est de donner généreusement sans rien attendre en retour, d’aimer ses ennemis, de se réjouir même dans des temps d’épreuve, d’être patients avec et rempli d’amour avec les gens qui ne sont pas appréciés de la société, c’est de servir avec humilité, de chercher l’intérêt des autres.

La grâce de Dieu, c’est bien plus qu’une carte de protection contre la conséquence du péché et de l’enfer. La grâce de Dieu, c’est la main de Dieu agissante dans nos vies. Les gens de l’Ancien Testament n’auraient jamais pu supporter la loi de Dieu sans cette grâce qui l’accompagne. D’ailleurs, on voit que les juifs ignorèrent cette loi. Lorsque Dieu les envoya en exil pendant 70 ans dans l’empire Babylonien, il est écrit que Dieu les jugea en partie à cause de leur manque de respect envers Son sabbat, pour donner du repos au pays (2 Chr 36 :20-21). Il fallait la foi pour travailler un jour de moins dans des temps où survivre n’était pas toujours facile. Les gens préféraient forcer les choses par leurs propres efforts plutôt que, par la foi, de s’attendre à ce que Dieu fasse grâce en pourvoyant.

Le culte d’adoration pour le croyant de la nouvelle alliance n’est pas non plus quelque chose qui puisse se faire sans la grâce de Dieu. Il est impossible de s’offrir comme sacrifices vivants, saints et agréables. Vivre toute sa vie pour l’honneur de quelqu’un d’autre ? C’est impossible si Dieu ne nous donne pas Sa grâce, sa miséricorde, ses compassions.

III. L’Application de l’Adoration

Premièrement nous avons vu que l’adoration était une réponse, deuxièmement que cette réponse était mise en œuvre par la grâce, et maintenant nous allons regarder sur ce que cette adoration est en elle-même au niveau pratique.

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. »

Le culte d’adoration raisonnable, c’est-à-dire attendu de la part de Dieu, est un culte où le croyant se donne comme un sacrifice envers Dieu, un sacrifice qui est vivant, saint, et agréable. Trois aspects auxquels nous allons maintenant nous concentrer.

A. Un Sacrifice Vivant

Premièrement, ce sacrifice est un sacrifice vivant. Qu’est-ce qu’un sacrifice vivant ? En quoi est-ce différent d’un sacrifice normal ? Le sacrifice vivant, c’est celui de la consécration.

L’adjectif qualificatif ici sert à mettre en lumière un certain contraste. Un sacrifice vivant est le contraire du sacrifice mort. Un sacrifice mort est quelque chose qui est accomplit une fois et puis ensuite est terminé. Mais la vie du croyant c’est celui de l’animal qui est consacré, dont la direction est l’autel du sacrifice, et dont le seul but dans la vie est de se rendre sur cet autel.

C’est la même chose que Jésus impliquait lorsqu’il appela ses disciples à se charger de leur croix pour le suivre. Se charger d’une croix n’est pas simplement de porter un fardeau. Se charger de sa croix veut dire que nous prenons la direction du peloton d’exécution. On ne peut pas prendre une croix par exemple, et partir à gauche et à droite et faire ce qu’on veut. Lorsque l’on prend sa croix, on se dirige vers le Mont du Calvaire, et cela prend toutes nos forces. Celui qui prend sa croix est déjà condamné. La mort n’est qu’une question de temps, le temps de marcher du lieu de condamnation au lieu du crime.

Un ami à moi alla un jour visiter une église en Grèce où il y avait une magnifique fresque dépeignant des martyres. Le guide, inconverti, décrit la fresque par ses mots : « Ces gens, personne ne pouvait les tuer, parce qu’ils étaient déjà morts. Pendant leur vie sur cette terre, ils se regardaient déjà comme morts à eux-mêmes, ne vivant que pour Dieu. »

Et ça, c’était aussi le témoignage de Paul. Dans la dernière lettre qu’il écrit avant de mourir, 2 Timothée, il dit au chapitre 4 et verset 6 :

« Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. »

Une libation, c’était une offrande d’un liquide (comme de l’huile ou du vin) que l’on versait sur l’autel pour accompagner le  sacrifice. Et là, une fois que le verre est vidé, il ne reste plus rien dans la coupe. Paul avait vécu sa vie jusqu’à la dernière goute. Il avait tout donné.

Un sacrifice vivant, consacré pour une seule chose, l’œuvre de Dieu. Et non seulement c’est une consécration, mais c’est une consécration active. Le temps est compté, et nos forces sont limitées. Le sacrifice vivant c’est celui qui se donne entièrement.

Et cette façon de vivre, c’est la manière de vivre nécessaire pour adorer Dieu. Lorsque l’on meure à soi-même pour ne vivre que pour Dieu.

B. Un Sacrifice Saint

Deuxièmement, ce sacrifice est aussi un sacrifice saint.

Les sacrifices que Dieu demandaient dans l’Ancien Testament étaient les meilleurs. Il désirait des agneaux d’un an, sans tâche, sans maladie, sans défaut. Dieu voulait des sacrifices aussi parfaits que possible.

Et Il désire la même chose avec nous. Son standard n’est pas un standard de médiocrité.

Quatre fois dans le livre du Lévitique Dieu commande : « Soyez saints, comme je suis saints. » Et c’est cette même idée que Jésus reprend en Matthieu 5 :48, « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. »

Etre saint signifie d’être mis à part, d’appartenir à Dieu. La sainteté de Dieu n’est pas simplement Sa pureté, mais c’est aussi son identité propre. Dieu est saint. C’est ce qu’Il est. Si nous voulons être en communion avec lui, nous nous devons de nous sanctifier. Et cette sanctification, elle s’effectue de cette manière. Tournez en 1 Thess 4 :3, « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification ; c’est que vous vous absteniez de la débauche. »

Et le mot Grec utilisé ici pour « débauche » est le mot « porneia » qui a donné le mot pornographie. Dieu nous appelle à rejeter tout ce qui est immoral. Il nous appelle à nous détourner de l’amour du monde et de l’influence de la génération présente.

Retournons en Romains 12 :2

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »

Ce que Dieu désire dans notre adoration, c’est qu’elle soit saturée de Sa pensée à Lui, et non des choses du monde. Pour nous, de vivre en tant qu’adorateurs signifie que nous devons avoir des vies qui reflètent la sainteté de notre Dieu. Si le péché abonde dans notre vie, si nous refusons de nous repentir, si nous refusons de faire la volonté de Dieu, alors notre adoration est souillée.

La sainteté est aussi une sorte de consécration. C’est une consécration au niveau de la discipline. Le sacrifice vivant est un sacrifice zélé, le sacrifice saint est un sacrifice qui requiert un certain apprentissage. Pour se sanctifier, il faut se renouveler dans son intelligence, comme le disait Paul. Il faut savoir comment sonder chaque aspect de notre vie pour voir si Dieu y est vraiment présent, et si tout cela reflète son caractère saint.

C. Un Sacrifice Agréable

Finalement, Dieu nous appelle a offrir un sacrifice qui est agréable.

Qu’est-ce qu’un sacrifice agréable ? Les sacrifices d’une odeur agréable à Dieu étaient des sacrifices brûlés. Comme la cuisson d’un bon plat dégage une bonne odeur, ces sacrifices consumés par le feu étaient de bonne odeur pour Dieu.

Le premier sacrifice de bonne odeur inscrit dans l’Ancien Testament fut celui de Noé, suite au déluge. Noé offert des oiseaux purs, et Dieu bénit le sacrifice en promettant de ne plus juger la terre comme Il l’eut fait.

Un sacrifice agréable, c’est en d’autres termes celui qui plait à Dieu. C’est celui qui est conforme à Sa volonté.

Paul désirait plaire à Dieu le plus possible. On lit en 2 Corinthiens 5 :9

« C’est pour cela aussi que nous nous efforçons de lui être agréables, soit que nous demeurions dans ce corps, soit que nous le quittions. »

Paul s’efforçait à plaire à Dieu. Il en faisait son but, sa motivation. Il voulait être agréable à son Dieu.

Jésus aussi accomplit un ministère agréable aux yeux de Dieu. On lit en Matthieu 12 :18, une prophétie d’Esaïe faite à son sujet :

« Voici mon serviteur que j’ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. »

Jésus fut appelé bien-aimé, un homme en qui Dieu prit plaisir. Mais Il fut aussi appelé serviteur. On ne peut pas plaire à Dieu sans se soumettre pleinement à Sa volonté, et sans devenir des serviteurs de Dieu, des esclaves de Dieu comme nous l’avons vu la semaine dernière en Romains 6 :22.

On parlait au début des différents mots grecs et hébreux concernant l’adoration. Une chose est intéressante, c’est que les mots de l’Ancien Testament ayant à faire aux rituels disparaissent dans le Nouveau Testament pour un langage de consécration envers l’accomplissement de la volonté de Dieu. Jésus n’a pas laissé des rituels en partant, il nous a laissé une mission, celle de faire des disciples. Et ça, pour le croyant de la nouvelle alliance, c’est la vraie adoration agréable à Dieu.

Un sacrifice de bonne odeur, comme nous l’avons vu, est un sacrifice qui est brûlé. Il est consacré jusqu’à la consumation totale. Et c’est cette même image que l’adoration de Dieu devrait refléter, d’être tellement consumés par Sa volonté qu’il ne reste plus rien de la nôtre.

Vous savez, j’ai dirigé la louange dans bien des pays. En France, en Israël, au Canada, and Etats-Unis, mais il y a quelque chose que j’ai remarqué dans tous ces pays. Souvent, les gens que je vois louer avec le plus de conviction sont des gens qui ont souffert ou qui sont entrain de passer par des épreuves. Des fois il faut passer par le feu pour que notre foi soit éprouvée et purifiée et pour que nous soyons recentrés de nouveau sur la volonté de Dieu.

Conclusion

Le culte raisonnable d’adoration est bien plus qu’une simple proclamation de paroles de louange pendant les chants du Dimanche matin. Comme dans l’Ancien Testament, le croyant qui veut adorer Dieu doit avoir une vie où Dieu est au centre. Il doit avoir une vie façonnée par l’évangile, et un cœur donné entièrement à la personne de Jésus.

L’adoration, c’est tous les jours que ça se passe, dans chaque décision, dans chaque parole, dans chaque pensée. C’est une consécration totale, inspirée de l’évangile et mise en œuvre par la grâce de Dieu.

L’adoration est le fruit naturel d’une vie transformée par Dieu. En effet, ceux qui ont réellement connus l’amour de Dieu n’auront pas de mal à comprendre pourquoi ce commandement est dit d’être le premier :

« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. »

Une réflexion au sujet de « Le Culte Raisonnable – Romains 12:1 »

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