Histoire des Huguenots – History of the Huguenots

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Marquées de victoires et de défaites politiques et spirituelles, l’histoire des Huguenots reste à mon opinion une des plus grandes sources d’inspiration pour le chrétien francophone. Les persécutions, les souffrances, les rejets et la violence suivant le Réforme en France produisirent plusieurs générations de chrétiens purifiés par le feu. Mon histoire préférée reste celle des martyres de Toulouse, d’où je viens, tiré du livre « Cross and Crown » de James McCabe (1875).

 

Toulouse. 19 Février 1762.

Un cortège de quatre jeunes hommes se dirige vers la potence. Jugement : hérétiques. Sentence : mort.

L’histoire commence quelques  mois plus tôt, vers la fin de l’année 1761. C’était à ce moment là qu’une décision devait être prise pour les trois frères Grenier, enfants de la noblesse française de la dernière génération précédent la Révolution.  Un de leur meilleur ami, un jeune prédicateur, vient de se faire arrêter pour avoir prêché l’évangile de Jésus. Condamné à mort, ses jours sont comptés. Mais s’il pouvait être délivré ? Un plan de libération en vaudrait-il la peine ?

En marchant vers la potence, pourtant, les trois frères n’ont aucun regret. Leur plan aurait peut-être fonctionné, s’ils n’avaient pas été trahis. Peu importe. Ils connaissaient le risque. Ils l’avaient pris avec conviction.

Cette conviction, ce fut la même qui les poussa à endurer les mois d’emprisonnement précédent leur jugement. Jour après jour, les maîtres religieux venaient dans leur cellule pour ‘plaider’ leur repentance. « Abandonnez votre foi, et vous serez absouts ! »

Leur ami avait été arrêté pour la seule raison d’avoir prêché la Bible. Un crime ayant couté la vie à ses confrères pendant maintenant plusieurs générations.

Cette marche, cette dernière marche, serait aussi accomplie avec conviction. Le sourire au visage, l’air triomphant, les quatre amis entonnent en chœur les paroles du Psaume 118 :

« C’est ici la journée que l’Éternel a faite: Qu’elle soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie!

L’Éternel est Dieu, et il nous éclaire. Attachez la victime avec des liens, Amenez-la jusqu’aux cornes de l’autel!

Tu es mon Dieu, et je te louerai; Mon Dieu! je t’exalterai.

Louez l’Éternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours! »

Le chant continue jusqu’au sommet de la potence. Le bourreau s’approche du prédicateur, essayant par ses cris à le convaincre de changer d’allégeance religieuse. Gardant le sourire, sans résister, le jeune homme se laisse mettre la corde au cou.

La même offre proposée au trois frères est aussi rejetée. Mais pour eux, pas de pendaison. Leur noble lignée leur accorde le droit à une mort plus digne, celle de la décapitation. Chacun leur tour, ils posent leur tête sans résistance. Puis vient le tour du plus jeune, encore un garçon.

« Abjure et vis ! » lance le bourreau.

Posant sa tête sur le bloc ensanglanté, l’adolescent jette un dernier regard à son exécuteur :

« Fais-ton bouleau. »

 

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Marked by both victories and defeats in political and spiritual realms, the history of the Huguenots remains in my opinion one of the greatest source of inspiration for believers. The persecutions, sufferings, rejections and violence following the Reformation in France produced several generations of Christians purified by fire. My favorite story is that of the martyrs of Toulouse, my home town, found in “Cross and Crown” by James McCabe (1875).

 

Toulouse.  February 19th 1762.

Four young people walk towards a scaffold. Their condemnation: heretics. The sentence: death.

The story had began a few months earlier, towards the end of the year 1761. It was then that a decision was taken by the three Grenier brothers, children of a French noble family. One of their best friends, a young pastor, had just gotten arrested by the authorities for preaching the gospel of Jesus Christ. Condemned to death, his days were counted. But what if he could be delivered? Would it be worth it to try?

Walking towards the scaffold, the three brothers had no regret. Maybe their plan would have worked, if they hadn’t been betrayed. But they knew the risk. They took it with conviction.

That conviction was the same one that helped them endure the months of imprisonment before their judgment. Day after day, the religious masters would come in their cell to “plead” them to repent. “Abandon your faith, recant, and you will be absolved!” 

Their friend had been arrested for the only reason that he had been preaching the Bible. A crime that had cost the life of many of his pastor friends also.

 This walk, this last walk, would be done also with conviction. With a smile on their faces, marching victoriously, the four friends being to sing together the words of Psalm 118:

“This is the day that the Lord has made;

We will rejoice and be glad in it.

God is the Lord who has showed us light

Bind the sacrifices with cords, even to the horns of the altar”

“Thou are my God, and I will praise Thee;

Thou are my God, and I will exalt Thee.

O, give thanks unto the Lord, for He is good;

For His mercies endure forever.”

The song continues until their reach the top of the scaffold. The executioner comes near to the preacher, trying to convince him to change his religion. Keeping his smile, without resisting, the young man lets the rope that will kill him be laid around his neck.

The same offer was given to the 3 brothers but was also rejected. But for them, no hanging. Because they were nobles, they could have a more worthy death, they would have their heads chopped off. One by one, without resistance, they lay their heads down on the bloc of execution. Then comes the turn of the younger brother, still a young teenager.

“Recant and live!” says the executioner.

Laying down his head on the bloody bloc, the lad looks for a last time towards his executioner:

“Do your duty.”


 

Trésor Eternel – Eternal Treasure

« Garde le bon dépôt, par le Saint Esprit qui habite en nous. » – 2 Timothée 1 :14

Lorsque Paul écrivit à Timothée, ses jours étaient comptés. Emprisonné à Rome, il n’avait que quelques temps à vivre, juste assez pour exhorter son fils dans la foi à prendre le relai. Timothée, après avoir vécu près de 15 ans avec Paul au travers de voyages et de péripéties, était maintenant pasteur à Ephèse. Et alors que Paul s’apprête à mourir, il rappelle à son apprenti à quel point le ministère est béni et digne de consécration, même malgré les nombreuses souffrances en faisant parti.

« Garde le bon dépôt » il lui dit.

Au premier siècle, les banques et coffres-forts n’existaient pas comme nous les avons aujourd’hui. Lorsque les gens partaient en voyage ou devaient quitter leurs demeures pour un certain temps, il était très commun de confier un « dépôt » à quelqu’un de proche, ce « dépôt » comprenant les objets de plus grandes valeurs en possession. Un « dépôt » n’était ainsi donné qu’à quelqu’un de confiance, cette personne ayant à charge les plus précieux trésors de celui ou ceux voyageant.

Pour Paul, il n’y avait rien de plus précieux que l’évangile. Cet évangile l’avait sauvé, transformé, accepté, utilisé, pardonné, justifié de ces péchés, et rendu espoir. C’était pour lui cette perle de grand prix dont la valeur était digne de tout vendre pour l’acheter. Cet évangile qui l’avait embrasé, Paul l’avait aussi protégé des faux docteurs et faux enseignants, passant sa vie à le proclamer sans compromis ni altération. Il avait été tellement béni par sa puissance, il ne voulait rien léguer d’autre à la prochaine génération que ce qui est complètement pur et véritable. C’était son « dépôt, » son trésor, celui confié à Timothée dans l’espoir qu’il serait passé pur à la prochaine génération, et la suivante (2 Timothée 2 :2).

Bien sûr, cette tâche était impossible. Face à un Empire Romain prompt à persécuter les Chrétiens, Timothée ne pourrait tenir sans l’aide de Dieu et de Son Saint Esprit. Mais avec l’Esprit de Dieu…qui pourrait lui résister ?

La seconde épître à Timothée est pleine d’exhortations pour continuer malgré les difficultés. Paul l’encourage à ne pas être timide (2 Timothée 1 :7), à persévérer dans la prédication de la Parole en tout temps (2 Timothée 4 :2). Paul lui écrit, « Souffre avec moi, comme un bon soldat de Jésus Christ » (2 Timothée 2 :3).

Est-ce que Timothée eut du succès ? Selon la tradition, on nous instruit que Timothée continua à prêcher pendant près de 15 ans à Ephèse suite à la lettre de Paul. Puis un jour, voyant la procession d’un culte païen, rempli de zèle, il commence à prêcher en public, annonçant la bonne nouvelle du pardon des péchés par la repentance. La foule, en colère, le traîne dans la rue et la lapide à mort.

Quelle ironie. Encore jeune homme, il avait probablement vu à Lystre la lapidation de Paul – qu’il avait survécu. Cela ne l’avait pas empêché de suivre l’apôtre.

Paul mourut par amour pour l’évangile, et Timothée connu le même sort. Mais le « dépôt » continue d’être passé de génération en génération. Scellé du sang de nos héros et de la foi de nos ancêtres, cet évangile indestructible, trésor des siècles passés et des siècles à venir, continue à faire entendre sa voix dans un monde déchu. Merci Jésus !

 

“By the Holy Spirit who dwells within us, guard the good deposit entrusted to you.” – 2 Timothy 1:14

When Paul wrote to Timothy, his days were numbered. Imprisoned in Rome, he only had limited time to live, just enough time to exhort once more, his son in the faith to take the baton and continue the race. Timothy, after having lived nearly 15 years with Paul through his journeys and perils, was now pastor at Ephesus. As Paul was getting ready to die, he reminds his trainee of the worthiness and blessing of ministry, even in spite of suffering.

“Guard the good deposit” he tells him.

In the first century, banks and safes did not exist as we have them today. When people left their homes for a journey, it was common to entrust a “deposit” to someone of good standing, this “deposit” was made up of the most valuable objects in possession. A “deposit” was indeed given to someone trustworthy; this person entrusted to guard the most precious treasures of those traveling.

For Paul, there was nothing more precious than the gospel. This gospel had saved him, transformed him, accepted him, used him, forgiven him, justified him of his sins and given him hope. For him it represented that pearl of great price for which it was worthy to sell everything to obtain. This gospel that had embraced him, Paul had also toiled to protect from false teachers, spending his life to proclaim it without compromise or alteration. He had been so blessed by its power; he would not give anything else to the next generation but a gospel completely pure and truthful. It was his “deposit,” his treasure, the one entrusted to Timothy with the hope that he too would pass it on unaltered to the next generation, and the following one as well (2 Timothy 2:2).

Of course, this task was impossible. Against a Roman Empire prompt to persecute Christians, Timothy would not stand without God’s help. But with God’s Spirit…who would resist him?

The second epistle to Timothy is full of exhortations to press on in the midst of difficulties. Paul encourages Timothy to not be shy (2 Timothy 1:7), to persevere in the preaching of the Word at all times (2 Timothy 4:2). Paul writes to him, “Suffer with me as a good soldier of Jesus Christ” (2 Timothy 2:3).

Did Timothy succeed? According to tradition, we are instructed that Timothy continued to preach in Ephesus for 15 years following Paul’s letter. Then one day, seeing the precession of a pagan festival, filled with zeal, he began to preach to the crowd, announcing the good news of the forgiveness of sin through repentance. The crowd, furious, dragged him by force and stone him to death.

How ironic. Still a young man, Timothy had probably seen the stoning of Paul at Lystra – which he had survived. This had not stopped him from following the apostle.

Paul died for his love for the gospel, and so did Timothy. But the “deposit” continues to be passed on from generation to generation. Sealed by the blood of our heroes and the faith of our ancestors, this indestructible gospel, treasure of past and of coming centuries, continues to trumpet its voice in this fallen world. Thank you Jesus!