Libres Esclaves – Romains 6:22

« Serviteur, ou Maître ? »

Quelle est l’identité du croyant ?

Le premier des commandements donné par Dieu à l’homme fut celui de la domination. On lit en Genèse 1 :28

« Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et assujettissez-la ; et dominez sut les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. »

La première chose que Dieu fit comprendre à l’homme après l’avoir créé, c’est qu’il était libre, et que sa liberté était plus importante que le bien-être des animaux et des plantes. Ainsi, pour pouvoir pleinement jouir de sa liberté, l’homme aurait le droit d’exercer une domination, d’être un maître.

Et puis ensuite vient le second commandement donné par Dieu, un commandement appelant à l’obéissance, à la soumission, en Genèse 2 :16-17 :

« Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. »

La deuxième chose que Dieu fit comprendre à l’homme, c’est que la liberté de l’homme ne pourrait être utilisée n’importe comment. Elle devrait être cadrée, cadrée dans la volonté de Dieu. L’homme serait appelé à se soumettre aux lois de Dieu, et ainsi à être un serviteur.

« Serviteur, ou Maître ? »

Alors bien sûr, les temps innocents des premiers jours d’Adam et Eve ne durèrent pas très longtemps. Ayant utilisé leur liberté pour commettre le péché, une nouvelle donne entre dans la partie. A cause de sa désobéissance, l’homme perd complètement sa notion de liberté. Il devient esclave du péché. En effet Jésus a dit, « En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. » (Jean 8 :34)

Le péché fait son œuvre, et très vite dans le Genèse on voit que l’homme n’est pas satisfait de seulement dominer sur la nature, mais désire aussi dominer sur les autres.

Et là, la question de liberté n’est plus une question d’équilibre et de sagesse, mais une question qui s’apprête au cœur de l’homme, et son inclinaison, soit envers le péché, soit envers la volonté de Dieu.

« Serviteur, ou Maître ? »

Qu’apprenons-nous des Ecritures sur la manière avec laquelle nous devrions nous traiter les uns les autres ?

Pour répondre à cette question, nous devons d’abord comprendre quelle est notre identité en en Christ suite au péché d’Adam, et de définir ce qu’est la liberté dans le cadre de notre relation avec Dieu.

Et voici la question avec laquelle j’aimerai que l’on puisse sonder nos cœurs : « Quelle est la disposition de notre cœur face à nos libertés ? »

Lire Romains 6

Ce passage est rempli de contrastes.

D’un côté il y a la mort, de l’autre la vie.

D’un côté il y a des gens qui sont instruments d’iniquité, de l’autre des gens qui sont instrument de justice.

D’un côté il y a ceux qui sont sous la loi, de l’autre ceux qui sont sous la grâce.

D’un côté il y a ceux qui sont impurs, de l’autre il ya ceux qui sont saints.

D’un côté il y a les esclaves, de l’autre il y a les hommes libres.

Et ce sont sur ces contrastes que nous allons nous pencher aujourd’hui, en étudiant le verset 22 :

« Mais maintenant, étant affranchis du péché et devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté et pour fin la vie éternelle. »

En première partie nous allons voir l’identité passé du croyant et puis ensuite nous regarderons l’identité présente du croyant.

I. IDENTITE PASSE

La première chose que l’on voit dans ce passage, c’est qu’avant d’être sauvés, nous étions sous l’emprise du péché, en besoin d’être affranchis. Notre identité était celle d’esclaves.

Qu’est-ce qu’un esclave ?

D’après le dictionnaire, un esclave, c’est celui qui n’a pas le pouvoir d’exercer sa volonté propre.  Il est assujettit aux désirs, aux ordres, et aux exigences de quelqu’un d’autre. Il est sous l’emprise d’un maître. Il n’a ni droit, ni possession. Il a beau avoir une volonté, mais il ne peut pas l’accomplir. Il a beau avoir des désirs, il ne peut pas les poursuivre. Il a beau avoir des rêves, il ne peut pas les vivre. Il fait parti de l’ameublement. Comme une chaise, il est utilisé, encore et encore, il s’use et souvent se brise, et ensuite il est simplement remplacé.

Personne ne veut être esclave. Au travers de l’histoire, les gens ont payé de leur sang leur liberté. Plus de 20 000 personnes on versé leur sang lors de la Révolution Française.

La liberté n’a pas de prix. Et pourtant pour assouvir leurs propres désirs, les hommes, au travers de l’histoire, n’ont cessé d’asservir leurs prochains. J’ai récemment lu un rapport de la Maison de la Liberté affirmant que si l’on mesurait la liberté d’une personne par sa capacité à exprimer ses opinions sur la vie, la religion et la politique, dans ce monde il y aurait 92 pays dits libres, 62 « partiellement libres » et 44 « non libres. »

D’ailleurs, cette liberté a tellement de valeur qu’on la fête dans chaque pays. Lorsque l’on célèbre la fête nationale le 14 Juillet, on célèbre la journée d’indépendance, la prise la Bastille.  Le 17 Juin, les Islandais célèbrent l’indépendance face aux Danois. Le 1 Août, les Suisses fêtent leur révolte contre le Saint empire Romain, le 25 Mars, les Grec célèbrent leur indépendance face à l’ancien empire Ottoman. Et on en passe.

L’esclavage du péché, Paul nous le décrit au prochain chapitre, des versets 15-25. L’interprétation de Romains 7 dans le monde évangélique est double, alors avant de le lire, j’aimerai brièvement dire quelle est ma perspective sur ce passage. D’un côté il y a ceux qui disent que ce passage s’applique à Paul et au temps présent, et puis il y a ceux qui disent que ce passage est un témoignage que Paul rend de sa situation en tant que juif zélé avant sa conversion. Personnellement j’opte pour la seconde opinion, à cause du chapitre 8 et de ce que Paul décrit comme la victoire sur la chair pour ceux qui ont reçu le Saint-Esprit.

« Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne.

Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi.

Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair: j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien.

Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.

Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi.

Je trouve donc en moi cette loi: quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi.

Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur; mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres.

Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?…

Grâces soient rendues à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur!… Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché.»

Avant sa conversion, Paul connaissait la loi de Dieu. Il connaissait la Torah. Il aimait l’étudier, il aimait son message même. Son homme intérieur s’en réjouissait. Mais il ne pouvait pas l’appliquer dans sa vie parce qu’il était esclave du péché. Il était incapable de faire la volonté de Dieu.

Quelque part, l’esclavage du péché c’est un peu comme si un nuage noir nous entourait. Ce n’est pas que nous ne pouvons pas bouger, mais peu importe où l’on va, le nuage reste avec nous. Nous avons la « liberté » de bouger à gauche et à droite, d’avancer, de reculer, mais peu importe ce que l’on fait nous ne pouvons sortir de ce nuage noir.

Et c’est ce qu’on voit les gens faire autour de nous sans Christ. De nombreuses personnes essaient de faire des « bonnes œuvres » mais en réalité ils s’aperçoivent que leur réelle motivation n’est pas de plaire à Dieu, mais d’apaiser leur conscience, de faire bonne figure devant les autres. Paul ne pouvait plaire à Dieu. Et la raison était simple : c’est parce qu’il était son propre maître, et ainsi livré à sa propre chair, à son propre péché.

L’esclavage vient avec son maître. Et ce qui est pathétique, c’est qu’avant notre conversion, notre maître à nous, vous savez c’était qui ? C’était nous ! Ce maître oppresseur qui rend la vie misérable, c’était nous ! Notre chair habitant en nous ! Oui, c’est vrai que d’un côté nous étions aussi esclaves de Satan, mais cela était simplement parce que nous étions déjà dans son camp.

Notre maître, nous dit la Bible, c’était notre chair, notre péché. Et pour nous en délivrer, il fallait payer un prix. Et ce prix ce n’était pas à Satan qu’il fallait le payer, ce n’était pas pour enrichir quelqu’un. C’était pour annuler notre dette envers Dieu à cause du péché. Sans payer notre dette, nous ne pouvions changer de maître.

C’est pour cela que Paul écrivit en Tite 2 :14

« Notre Sauveur Jésus Christ [qui] s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité. »

Ce n’était pas de Satan qu’il fallait nous racheter, s’était de l’emprise du péché. La Bible appelle cela la rédemption.

En 1824, le Pérou gagna son Independence vis-à-vis de l’Espagne. Peu après, Simon Bolivar, le général ayant mené les forces de la libération, assembla une convention pour rédiger la constitution du nouveau pays.

Suite à la convention, une délégation approcha Bolivar et lui demanda de devenir leur premier président. Bolivar refusa, pensant que quelqu’un d’autre mériterait cet honneur plus que lui.

Mais le peuple voulu quand même faire quelque chose de spécial pour Bolivar pour lui montrer leur appréciation ce qu’il avait fait pour eux, alors ils lui offrirent un million de pesos, une énorme somme à cette époque.

Bolivar accepta le don, et demanda : « Combien y-a-t-il d’esclaves au Pérou ? » On lui répondit qu’il y en avait environ 3000. « Et quel est le prix d’un esclave » continua-t-il. « Environ 350 pesos. »

« Alors » dit Bolivar, « j’ajouterai ce qui est nécessaire à ce million de pesos que vous m’avez donné et j’achèterai tous les esclaves du Pérou pour les affranchir. Ca n’a aucun sens de libérer une nation si ses citoyens ne peuvent être libres eux-mêmes. »

Le rachat d’esclaves, ça s’appelle la rédemption. Et c’est ce que Jésus fit pour nous. On lit en Marc 10 :45 :

« Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. »

Pour libérer le peuple d’un pays, du Pérou, il fallu une somme extraordinaire. Mais quel prix serait donc nécessaire pour racheter un peuple fait de millions de gens dispersés sur des milliers d’années et soumis à un maître, le péché, si impitoyable ?

Laissez-moi vous poser une question. Combien est-ce que ça coûte un péché ? Combien de bonnes œuvres est-ce que ça prend pour annuler le poids d’un péché ?

Poussé par l’orgueil, vers la fin de sa vie, le roi David fit ordonner un recensement dans son royaume pour connaitre la mesure de sa force. A cause de péché, Dieu le jugea. Conséquence : 70 000 personnes moururent.

En Romains 5 :12 on voit que la mort est entrée dans le monde à cause d’un péché. Un seul péché rendit la terre indigne de la présence et de la gloire de Dieu et méritante d’une destruction totale. Ca c’est le poids d’un péché.

Paul écrivit en 1 Corinthiens 6 :20, « vous avez été rachetés à un grand prix »

Laissez-moi vous poser une autre question. Combien de péchés pensez-vous commettre par heure ? Une pensée égoïste, une réflexion orgueilleuse, une parole manquant du sel de la grâce…soyons généreux, disons que nous ne péchons que 3 fois par heure.

3 fois par jour, ca fait 72 fois par jour, ca fait 2160 péchés par mois et près de 25 000 péchés par an. A 20 ans, on atteint le demi-million. Pour une assemblée de 50 personnes, si l’on prend une moyenne de 30 ans, on peut compter près de 40 millions de péchés.

Des volontaires pour payer la caution ?  La rançon pour notre liberté, il n’y en eut qu’un qui puisse la payer.

Pierre écrivit en 1 Pierre 1 :18-19

« Sachant que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous avez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache »

On lit encore en Esaïe 53 :12, « il a porté les péchés de beaucoup d’hommes. »

Nous avons été rachetés de l’esclavage à un grand prix. Au prix du sang de l’Agneau. Il a souffert la colère de Dieu, il a été maudit pour nous, il a porté le poids de nos péchés, un poids infini que seul un Dieu parfait pouvait porter.

Pourquoi ? Parce que notre liberté avait encore plus de valeur aux yeux de Dieu qu’à nos propres yeux.

II. IDENTITE PRESENTE

Avant d’être affranchis de Dieu, d’être rachetés de l’emprise du péché, notre identité était celle d’esclaves. Quelle sera donc notre identité nouvelle ? C’est ce que nous allons regarder en deuxième partie de ce message.

« Mais maintenant, étant affranchis du péché et devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté et pour fin la vie éternelle. »

Esclaves de Dieu ? Mais il y a un problème là ! On vient juste de se faire rachetés de l’esclavage, et ce n’est seulement que pour devenir à nouveau esclaves ? Avons-nous un choix qui nous offre la liberté ?

Nous avons parlé de contrastes un peu plus tôt. La vie, la mort ; la loi, la grâce ; l’iniquité, la justice ; l’impureté, la sainteté…et pourtant, dans les deux cas, il y a un verbe qui s’applique, et c’est celui d’obéir.

Regardons ensemble encore Romains 6 :16.

« Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice? »

Des fois ce que j’aime vraiment dans la Bible c’est qu’elle délimite bien les choses. Souvent, il faut trouver un équilibre dans la sagesse et le grand nombre de conseillers, des fois elle nous dit la vérité en noir et blanc, sans possibilité de gris au milieu.

Il n’y a seulement deux cadres différents dans lesquels on peut vivre. Il n’y a seulement deux camps, et il faut en choisir un. Soit on vit celui les passions de la chair, et on devient esclave du péché et notre fruit est la mort, soit on vit par l’Esprit et on devient esclave de Christ, et notre fruit est la vie et la justice et la sainteté.

Mais dans les deux cas, la « liberté » que nous avons n’est que la mesure de ce que l’on peut faire avec ce que l’on a. Et ça c’est le grand piège de notre société et du péché qui nous disent que l’obéissance est quelque chose de négatif et que l’on peut s’en passer, que c’est du cadre de l’oppression et que cela ne peut être que néfaste. Mais ceux qui n’obéissent pas à Dieu obéissent à leur chair. Ils en sont soumis et esclaves. Ils ne font pas ce qu’ils ont vraiment envie de faire. Ils ne peuvent prendre plaisir qu’à ce que leur chair leur commande de faire, qu’aux passions qui les contrôlent.

Et cela revient à notre nature. Une nature pécheresse ne peut s’exprimer que par le péché. La seule liberté quelle a est de commettre le péché. Mais la nouvelle création, celle de Dieu, est libre elle de faire le bien. Pour faire le bien, la nouvelle création a toute la liberté possible. Pour aimer, pour donner, pour pardonner, pour vivre dans la sainteté et dans la pureté. Nous sommes libres de vivre par le fruit de l’Esprit, dans la joie, dans la paix, dans la patience, dans l’amour, dans la bonté, la douceur, la fidélité, la gentillesse, la maîtrise de soi.

Mais cette liberté ne peut être vécue que dans le cadre donné par Dieu, celui de Sa volonté. La seule vraie liberté que nous avons, c’est de faire le bien lorsque nous vivons par l’Esprit, en demeurant en Christ, en marchant par la foi. Il n’y a pas de doute, chaque décision prise dans l’indépendance, sans la prière, sans la crainte des Ecritures, mènera vers la mort.

La seule liberté qu’a un esclave, c’est de faire la volonté de son maître. Le maître, il faut le choisir, mais nous ne pouvons vivre sans en avoir un, parce que nous avons tous une nature qui produit des désirs et des décisions. Soit nous nous soumettons au péché pour être libres de pécher, soit nous nous soumettons à Dieu pour être libres de faire Sa volonté.

Il y a seulement deux camps. Chacun à son maître, et chacun a ses esclaves. Vous savez que le mot « serviteur » n’est pas employé tant que cela dans le Nouveau Testament ?

Enfin, il est intéressant de voir que le mot Grec pour esclave, « doulos » est employé près de 140 fois dans le Nouveau Testament, alors que le mot pour serviteur « diakonos » qui a donné le mot diacre, n’est employé qu’environ 30 fois. La réalité est que le mot esclave a eu une connotation si négative au travers de l’histoire que les traducteurs ont préféré choisir un mot plus atténuant. Ca a commencé en 1560 avec la Bible de Genève, et le courant n’a pu changer de sens depuis.  Et pourtant, dans la littérature grecque, « doulos » signifie réellement esclave. La Vulgate latine utilisait le mot « servi, » signifiant de servir mais aussi dans un contexte d’être esclave ou de vivre dans la servitude.

Et le mot qui est utilisé ici par Paul et traduit par esclave est le même mot avec lequel Paul introduit ces lettres, ce présentant comme « serviteur » « doulos » en réalité « esclave de Christ. » C’est le même mot que Jésus utilisa en parlant que ses disciples devaient se considérer comme des serviteurs « doulos, » esclaves, inutiles (Luc 17 :10).

Et le vocabulaire utilisé dans la Bible à notre égard, lorsque l’on parle de rédemption, de rançon, de prix payé, de liberté, lorsque l’on s’adresse à Dieu en tant que « Seigneur » et « Maître »…tout le vocabulaire du Nouveau Testament renvoie à l’idée que nous sommes des esclaves de Christ. Nous lui appartenons, et notre liberté n’est trouvée que lorsque nous accomplissons sa volonté. Nous sommes crucifiés en Christ, ce n’est plus nous qui vivons mais Christ qui vit en nous. Un croyant est un homme mort. C’est ce que nous lisons tout au long de Romains 6.

Au verset 2, nous sommes morts au péché. Au versets 3-4, nous sommes ensevelis avec lui par son baptême, au verset 5, nous sommes des nouvelles plantes par conformité à sa mort, au verset 6, notre vieil homme est crucifié avec Christ, au verset 7, nous sommes morts pour être libres au péché, au verset 8, nous sommes morts en Christ pour vivre en lui, et on s’arrête là.

La Bible nous appelle à mourir à nous-mêmes pour que Christ puisse vivre en nous. Elle nous appelle à renoncer à notre volonté pour laisser pleinement celle de Dieu agir en nous. Mais que préférez-vous voir, vos œuvres ou celles de Dieu ?

L’esclavage n’est pas le problème. Le problème c’est le maître que l’on choisi.

C’est quoi la différence entre un serviteur et un esclave ? Elle est simple. Le serviteur a un choix, l’esclave n’en a pas.

Et c’est la où tout devient magnifique. Nous avons un maître qui fait chaque chose belle en son temps. Et lorsque nous demeurons en lui, les œuvres qu’il a pour nous, préparées d’avance, s’accomplissent, des œuvres merveilleuses ! Des œuvres reflétant sa sainteté.

Mais tout commence avec la disposition du cœur vers l’obéissance. C’est pour cela que la Bible nous encourage à incliner nos cœurs vers Dieu :

C’est ce que Salomon pria pour Israël en 1 Rois 8 :57-58 :

« Que l’Éternel, notre Dieu, soit avec nous, comme il a été avec nos pères; qu’il ne nous abandonne point et ne nous délaisse point, mais qu’il incline nos cœurs vers lui, afin que nous marchions dans toutes ses voies, et que nous observions ses commandements, ses lois et ses ordonnances, qu’il a prescrits à nos pères! »

Et c’est ce que Josué recommanda au peuple avant de rentrer dans le pays promis en Josué 24 :23 :

« Otez donc les dieux étrangers qui sont au milieu de vous, et tournez votre cœur vers l’Éternel, le Dieu d’Israël. »

Et le mot Hébreu ici signifie d’étirer, d’incliner, de mettre dans la bonne direction.

Il y a deux ans de cela, j’ai aidé mon père à couper des arbres dans une propriété. A un moment il fallait couper un arbre qui était juste à côté d’une cabane. C’était un grand arbre d’au moins 6-7 mètres de haut, au bois très dur. Il aurait pu faire de graves dégâts s’il était tombé sur la cabane. Alors pour couper l’arbre il fallait faire une inclinaison en V. Pour faire en sorte que l’arbre tombe du côté opposé de la cabane, tous que nous devions faire était de faire en sorte que le V y soit opposé. Ensuite, puis importe comment nous allions finir l’arbre en coupant de l’autre côté, nous savions où il allait tomber.

C’est pareil avec la vie du croyant. Si nous inclinons nos cœurs vers Dieu, nos œuvres accompliront sa volonté. Et alors, peu importe les circonstances de la vie, peu importe les épreuves, peu importe les difficultés, si nous cœurs sont inclinés vers Dieu, nous porterons toujours du fruit digne de Son salut. Nos désirs et nos actions, comme ces arbres, tomberons toujours du bon côté.

Etant affranchit du péché, nous portons maintenant comme fruit la sainteté, et avons pour espérance la vie éternelle.

Et c’est ce que Paul écrivit aussi à Tite en Tite 2 :14

« Notre Sauveur Jésus Christ [qui] s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. »

Dieu nous a affranchit avec un but, celui de porter ces bonnes œuvres qu’Il nous permet de faire lorsque nous dépendons de lui, de faire ces œuvres préparées d’avance afin que nous les pratiquions, des œuvres portant le fruit de la sainteté, une sainteté qui ne peut venir que de Dieu seul. Ces œuvres, ce ne sont pas des œuvres que nous pouvions inventer ou fabriquer, des œuvres que nous portons lorsque nous marchons dans la voie de la sainteté, celle de la sanctification, où nous sommes l’ouvrage de Dieu, comme Paul l’écrivit en Ephésiens 2 :10, nous devenons l’ouvrage, en Grec ‘poiema’, le « poême » de Dieu !

Est-ce que vous percevez un peu la différence qu’il y a entre les deux maîtres ? L’un offre un esclavage qui mène à la mort, l’autre un esclavage qui mène à la sainteté. La sainteté ! C’est cette sainteté, si pure et si belle que les anges louent dans les cieux ! Et Dieu nous offre de la refléter en faisant de nous son ouvrage, son œuvre d’art.

Notre histoire, c’est un peu celle du chef d’œuvre de Michel-Ange.  Etes-vous familiers avec sa sculpture du roi David ? Elle est considérée par plusieurs comme la sculpture la mieux réussi au monde, tellement elle semble réelle.

Un jour, un sculpteur fit venir à Florence un magnifique bloc de marbre pour en faire une sculpture. Malheureusement, en travaillant le roc, celui-ci se fissura et un gros morceau tomba laissant la belle pièce de marbre avec une inclinaison un peu bizarre. Le bloc, considéré comme inutilisable, fut mis de côté pendant plus d’un siècle, jusqu’à ce que l’œil de l’artiste vienne le croiser. Ce morceau, même s’il avait parut inutile, il savait exactement ce qu’il allait en faire. Et il commença à le travailler, petit à petit, pour créer cette sculpture unique où le personnage se tient dans une position un peu inclinée, rendant encore plus réelle et magnifique son œuvre.

Et c’est ce que Dieu a fait de nous. Nous étions des morceaux de marbre inutiles, sans beauté, esclaves du péché. Et il nous a prit, et il nous a rendu la liberté, et il a fait de les porteurs de sa beauté, de sa sainteté, malgré notre penchant vers le mal, et nous donnant en plus la vie éternelle.

Etre esclaves de Christ est la meilleure chose qui puisse arriver à quelqu’un. Mais cela n’est pas facile, il faut mourir à soi-même tous les jours. Il faut veiller sans cesse pour garder nos cœurs bien disposés.

Mais le résultat en vaut tellement la peine !

Ceux qui ne sont pas sauvés n’ont qu’un seul choix : vivre dans la chair. Ceux qui sont sauvés peuvent choisir. Ils peuvent soit demeurer en Christ et porter pour fruit la sainteté, soit vivre dans la chair et retourner sous l’emprise du péché, comme le proverbe qui parle du chien retournant à son vomi.

Mais laissez-moi vous poser une autre question. Ca prend combien de chaînes pour attacher un chien ? Une seule, n’est-ce pas ? De même, il ne suffit que d’un seul péché habituel pour nous pour redevenir esclaves. On ne perd pas le salut, bien entendu, mais on perd la grandeur de la bénédiction possible.

Il n’en faut pas beaucoup pour qu’un croyant soit limité dans la bénédiction de sa vie chrétienne. Il suffit d’un seul péché non confessé, d’un seul péché laissé de côté, d’un seul péché mis sous le tapis.

Si nous désirons porter le nom de Christ, alors nous devons aussi porter sa sainteté. Dieu ne va pas bénir ceux qui s’appellent « petits Christs » sans témoigner de vies réellement changées. Si nous disons appartenir à Dieu, alors Il doit être le Maître, nous devons être Ses esclaves, et nous devons accomplir les œuvres que Lui accomplit.

Mais quel bon Maître servons-nous ! Son joug est de loin le meilleur.

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.

Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11 :28-30)